
Le Kanamara Matsuri
est donc centré autour d’un totem en forme de pénis, très populaire au sein des prostituées qui le prient pour être protégées des maladies sexuellement transmissibles. Traditionnellement, il est dit également qu’il apporte une protection divine pour la prospérité économique, le mariage et l’harmonie du couple.
Une tradition évidemment pour le moins singulière et qui pourtant puise ses racines dans l’histoire de la ville et plus précisément au 17
e siècle. Dès que le printemps arrivait, les prostituées de Kawasaki, dotées de paniers en bambous contenant des représentations de phallus, se rendaient au temple Kanamara afin de prier les dieux shintô de leur apporter prospérité et santé. C’est pourquoi, ce festival de la fertilité, comme bien d’autres à travers le pays, n’a rien d’honteux pour les Japonais puisqu’il s’inscrit dans la tradition religieuse.
Aujourd’hui, jeunes, personnes âgées, travestis, gays, lesbiens, touristes participent au cortège autour de l’autel portatif où repose l’immense phallus en plâtre rose, la mascotte du festival. Ici, le pénis se décline dans les illustrations, les bonbons, les légumes sculptés, les décorations et le défilé mikoshi.
Mais, le
Festival du phallus d’acier
a également pour but à l’heure actuelle d’éveiller les consciences face aux risques encourus lors de rapports sexuels non protégés et surtout de récolter des fonds pour la recherche sur le virus du sida.
En France, nous avons certes Les Solidays mais je doute fort qu’une manifestation telle que le Festival du Phallus d’acier soit envisageable en plein cœur de Paris et c’est fort dommageable. Ce genre d’événement a au moins le mérite de désacraliser véritablement le sexe et d’aborder plus facilement un thème grave comme demeure le V.I.H.